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Le Charme – Origine du nom selon que l'on est poète ou scientifique…
Le mot « charme », en latin « carmen », signifie « formule magique », sortilège, enchantement et le maléfice. Au figuré le charme représente un pouvoir exercé sur le cœur d’une personne, une chose qui la frappe vivement qui produit l’admiration, l’enthousiasme, la passion1.
Les anciens qui ont choisit le nom « Le Charme » pour notre village avaient sans doute été sous le charme … mais plutôt sous l’espèce d’arbres (carpinus) qui peuple encore aujourd’hui en abondance nos forêts.
Pour preuve les habitants de notre petite commune ne s’appellent pas Charmeuse et Charmeur, mais Charmoise et Charmois.
Une autre hypothèse serait d'origine linguistique
Dans « Le Charme » ou « Les Charmes » comme on le trouve quelquefois sur les cartes anciennes, « Char » serait une forme tronquée du francien2 « Charn » ou « Sahrn » signifiant « marais calcaire ou eau stagnante ».
Toujours en francien, le suffixe « me » ou « mes » signifierait « fossé ». Cette analyse toponymique converge vers la description d’un territoire gorgé d’eau ce qui n’est pas sans résonance avec ce qui est constaté sur le terrain3.
Géographie
Le Charme est une commune de l’Est du Loiret, limitrophe du département de l’Yonne en Bourgogne. Elle est située en Puisaye, région de bocage vallonnée, caractérisée par des réseaux de haies et de bois délimitant des parcelles de prés et de champs cultivés.
Non loin de villes moyennes comme Montargis à l'Ouest, Auxerre à l'Est, et à une heure et demi de voiture au sud de Paris, la petite commune du Charme a su conserver son caractère rural typique et un cadre de vie verdoyant.
En dehors d’être au cœur d’un paysage bucolique Le Charme présente différents atouts :

A l’entrée occidentale du village, l’étang, créé en 1985, est un lieu de pêche couru car régulièrement empoissonné et dont le pourtour invite à la ballade ou à une pause déjeuner très agréable.
La commune dispose d’un chemin de randonnée La coulée Charmoise de 7,5 km – environ 2 heures niveau randonnée familiale - entièrement balisé qui fera la joie des randonneurs et promeneurs.
La place de l’église est limitrophe du square Antoine-César Becquerel, arboré de plusieurs essences de bois différentes et doté d’une aire de jeux pour les petits et d’une autre pour les seniors.
Patrimoine
La Mairie
La mairie, construite en 1904 en face de l’église, est une construction typique de la IIIe République, moment d’essor de la démocratie municipale. Elle est petite mais très harmonieuse et équilibrée.
Ce bâtiment est composé d’un rez-de-chaussée abritant les locaux de l’administration communale et d’un appartement au 1er étage autrefois destiné au logement du couple d’instituteurs en poste à l’école.
De façon concomitante, une école nouvelle s’est installée derrière elle comme protégée par ce symbole républicain.
L’école était divisée en deux, une salle de classe pour les garçons, une autre pour les filles. Cette division se retrouve à l'extérieur avec deux cours de récréation. En 1971, l'école fut fermée faute d'effectifs et les enfants sont depuis envoyés au groupe scolaire de Saint-Maurice-sur-Aveyron.
Devenu inutile, ce deuxième bâtiment a été transformé en salle des fêtes et offre aujourd'hui aux habitants du Charme ou aux voyageurs de passage un lieu de convivialité lumineux et tranquille.

L’église Saint-Eustache
Commencée au XIIe siècle, l’église a été rallongée au XVIIe siècle pour accueillir une population de plus en plus nombreuse. Le cimetière était à l’origine attenant ; devenu trop petit, il a été déplacé au début du XXe siècle pour être installé sur un terrain spacieux, route de Marchais-Béton.
En Puisaye, la carence de pierres était jadis compensée par des constructions faites de bois et de torchis dont la réalisation était rapide et beaucoup moins coûteuse. L’église du Charme est aujourd’hui un exemple rare de ce type de technique dite « à pan de bois » car les communes environnantes, sans doute plus prospères, ont progressivement remplacé leurs églises utilisant ce type de construction par des bâtiments plus prestigieux en briques ou en pierres.
C’est une modeste église de campagne, de 30 mètres de longueur sur 8 mètres de largeur, qui peut accueillir 200 personnes. Elle est modeste mais élégante, simple mais belle avec sa nef unique. Elle n’a jamais comporté de presbytère mais une petite sacristie y est attenante.
Le clocher initial, menaçant de s’effondrer, a été remplacé et raccourci au XXe siècle. Grâce à de nombreux dons et à l’aide de la fondation du patrimoine, l’église a bénéficié d’un remaniement de la toiture et d’une restauration intérieure au XXIe siècle.

Un village dans son terroir
La commune est traversée par une rivière, l’Aveyron et de nombreux rus. L’Aveyron prend sa source à quelques km du Charme, à Champcevrais dans l’Yonne et rejoint le Loing à Montbouy, dans le Loiret après avoir sinué sur 30 km. Malgré l’omniprésence de l’eau sur ce territoire, et du fait de l'absence de gros cours d'eau, la commune a été épargnée lors des inondations qui ont durement frappé la région en 2016.
D'un point de vue climatique, Le Charme se situe à la frontière du climat océanique doux et humide à l'ouest et du climat continental plus extrême été comme hiver à l'est. Autant dire que le climat y est tempéré. Les hivers y sont froids sans être rigoureux avec des températures moyennes de 4°C et les étés sont agréables avec des pluies modérées au printemps et en automne. Les précipitations annuelles sont d'environ 720mm mesurés au cours des dernières décennies. Cependant, les bouleversements climatiques semblent aujourd'hui ne pas épargner cette région et nous voyons maintenant apparaître des épisodes de canicules inédits jusqu'alors (été 2003 ou 2026) et des périodes d'extrêmes sécheresse sur plusieurs mois (2026).
Le Charme est un village relativement préservé des pollutions inhérentes au développement des activités humaines. Aucune industrie ne s’est implantée sur son périmètre et sa situation en dehors des grands axes de circulation le préserve d’un trafic routier trop intense.
Comme le sol de ce territoire est principalement argileux et imperméable, il favorise la présence de zones humides et d'une multitude d'étangs et de mares. Cette topologie explique sans aucun doute pourquoi l’inventaire de la biodiversité réalisé sur la commune au début des années 2020 a démontré l’immense variété de faune et de flore préservée sur le secteur. Toutes les espèces animales ou végétales attendues par les scientifiques venus sur le terrain (botanistes, entomologistes, batractologistes, herpétologues, chiroptérologues, micologues, ornithologues, lépidoptéristes…) se sont avérées présentes, ce qui nous a rassurés quant à la santé de notre environnement. Les conclusions de cette étude sont disponibles en mairie.

Un village rural
Avec une superficie de seulement 13,82 km² (soit 1 382 hectares) Le Charme est un petit village : Le dernier recensement de 2024 a permis de dénombrer 139 habitants. Des recensements plus anciens montrent des variations de populations importantes dans le temps. C'est ainsi qu'en 1872 on peut constater un pic de la population de 472 habitants. Depuis, l’exode rural a lentement vidé la commune pour atteindre son chiffre le plus bas en 1999 avec seulement 109 habitants.
Aujourd’hui, la tendance semble s'être légèrement inversée et stabilisée avec une population oscillant entre 140 et 150 habitants.
La commune comptait naguère plusieurs commerces. Le dernier, un café-restaurant, a disparu au début des années 2000. A ce jour, la commune compte deux artisans : un menuisier ébéniste et un plombier chauffagiste. L'activité dominante reste néanmoins l’agriculture. Sept agriculteurs exploitants habitent Le Charme dont deux éleveurs laitiers et un éleveur d’ovins auxquels s’ajoutent deux exploitants forestiers et trois hébergements de loisirs.
L’habitat au Charme est dispersé. Seule la moitié de la population habite le centre-bourg, le reste se répartit dans des hameaux parfois composés d'une seule habitation disséminés sur tout le territoire. Cette typologie est l’héritage de l’activité ancestrale du terroir à savoir l’élevage. En effet, les éleveurs devaient résider près de leurs bêtes qui pâturaient autour de leur habitation. Cette répartition est caractéristique des régions de bocage. A l'origine, la ferme se résumait à une longère, bâtiment construit tout en longueur et comprenant une partie habitation pour les humains, une étable pour les vaches, une écurie pour les chevaux de trait et une grange pour le matériel. Plus tard, des bâtiments annexes ont été construits pour remplir ces fonctions selon les besoins. Depuis l’adoption de la technique de drainage, les parcelles ont pu être asséchées et la culture céréalière s’est peu à peu développée.
Le centre du village est composé d’un habitat traditionnel typique de la région. Des petites maisons comportant un rez-de-chaussée et un étage s’alignent de façon plus ou moins continue au long de la rue principale. A leur pied les occupants entretiennent souvent des massifs végétaux. Les maisons sont faites de murs de briques ou de silex et recouvertes de toits en tuiles plates qui nécessitent de fortes pentes pour permettre à l’eau de s’évacuer sans infiltrations. Ces paysages pittoresques de nos centre-bourgs sont préservés par un plan local d’urbanisme qui réglemente strictement l’aspect extérieur des habitations et de leurs abords.
En pleine ruralité, les déplacements se font principalement en voiture même s’il existe un service de transports routiers interurbains à la demande par l’intermédiaire de REMI (RÉseau de Mobilité Interurbaine) géré par la Région Centre-Val de Loire.
Un peu d'histoire…
Jusqu'aux Etats généraux de 1789, le Charme dépendait de deux juridictions :
D'une part, le diocèse de Sens pour ce qui concernait l'état civil, les questions religieuses et morales, et d'autre part le baillage de Montargis, pour ce qui relevait de l'administration royale financière et judiciaire.
En décembre 1789, lors du découpage administratif et judiciaire de la France en 88 départements, le Charme fut rattaché au canton de Chatillon-sur-Loing, (district de Montargis) dans le département du Loiret.
Lors du redécoupage des cantons de 2014, Le Charme fut rattaché au canton de Lorris pour les élections locales, tout en restant dans la 4eme circonscription du Loiret, celle de Montargis, pour les élections législatives.
Depuis 1er janvier 2017 Le Charme fait partie de la Communauté de communes Canaux et Forêts en Gâtinais (CCCFG) qui regroupe les 38 communes du Châtillonais, du Lorrissois et du Bellegardois.
Quand la grande Histoire s'invite au Charme...
Antoine-César Becquerel (1788-1878), fut nommé maire du Charme de 1844 à 1870.
Polytechnicien (promotion 1806 X) et ingénieur militaire, il servit l'empereur Napoléon 1er entre 1808 (campagne d'Espagne) et 1814 (campagne de France). Grand scientifique, il fut titulaire de la chaire de physique du Museum d’histoire naturelle de Paris sous la Monarchie de juillet.
Initiateur d’une grande lignée de scientifiques, son petit-fils, Henri Becquerel obtint le prix Nobel de physique en 1903 en même temps que Marie Curie pour leur découverte conjointe de la radioactivité.

Notes de bas de page :
1Source : Dictionnaire Encyclopédique Quillet, Des-F, 1968.
2Source : Le francien est à l’origine du français actuel apparenté aux langues d’oil, parlées aux XIIe et XIIIe siècles dans le Nord de la France comprenant la région Centre-Val de Loire actuelle.
3Source : Hubert Lelièvre, Ingénieur école centrale de Nantes, Docteur en mathématiques pures, Membre de la société d’archéologie et d’Histoire du Berry.